Trouver une entreprise pour le stage de 3e, c’est déjà un défi en soi. Alors en trouver deux ? La question peut sembler surprenante. Pourtant, c’est une option bien réelle, et de plus en plus de collégiens y ont recours pour enrichir leur découverte du monde professionnel, notamment lorsqu’aucune structure ne peut les accueillir sur la semaine complète.

Voici ce que prévoit réellement la réglementation, comment organiser les conventions, quelles précautions prendre selon l’âge de l’élève et comment valoriser cette double expérience dans le rapport final.
Le stage de 3e, c’est quoi concrètement ?
Le stage de 3e, officiellement appelé séquence d’observation en milieu professionnel, est une période obligatoire pour tous les élèves de troisième depuis 2005. Il dure généralement cinq jours ouvrables, soit une semaine complète.
Son objectif n’est pas de faire travailler l’élève, mais de lui permettre d’observer le fonctionnement d’une structure, de découvrir des métiers et d’amorcer une réflexion sur son orientation. Cette démarche s’inscrit dans le Parcours Avenir, le dispositif de l’Éducation nationale destiné à préparer les collégiens à leur futur professionnel.
| Caractéristique | Détail |
| Durée standard | 5 jours ouvrables |
| Obligatoire depuis | 2005 |
| Objectif principal | Observation du monde du travail |
| Encadrement | Convention tripartite signée entre collège, famille et structure d’accueil |
| Rapport demandé | Oui, écrit et parfois présenté à l’oral du brevet |
Cette séquence prépare également le travail d’orientation après la 3e, puisqu’elle aide chaque élève à se projeter avant de choisir sa voie au lycée.
La réglementation autorise-t-elle le stage dans deux entreprises différentes ?
Oui, c’est possible. Les textes de l’Éducation nationale, notamment l’article D.332-14 du code de l’éducation, n’interdisent pas de répartir les cinq jours entre deux structures distinctes, à condition que le collège donne son accord. Plusieurs établissements mentionnent d’ailleurs explicitement cette possibilité dans leurs documents d’information aux familles, notamment pour les élèves souhaitant découvrir deux secteurs d’activité différents. La démarche reste minoritaire, mais elle est parfaitement légale et de plus en plus proposée aux familles qui peinent à trouver un seul organisme disponible sur toute la semaine.
Comment organiser le stage dans deux entreprises ?
La répartition des jours est libre, mais elle doit être définie à l’avance et validée par l’établissement scolaire. La formule la plus courante consiste à passer deux ou trois jours dans une première structure, puis le reste du temps dans la seconde.
Une convention de stage par entreprise
C’est le point essentiel à retenir. Chaque structure d’accueil doit faire l’objet d’une convention de stage distincte. Il ne s’agit pas d’un seul document mentionnant deux organismes, mais bien de deux conventions séparées.
Chacune engage trois parties, ce qu’on appelle un accord tripartite : l’élève avec sa famille, la structure accueillante et le collège, représenté par son principal. Deux conventions signées correspondent donc à deux structures couvertes par l’assurance scolaire.
La répartition des jours entre les deux structures
L’élève et ses parents doivent s’accorder avec chaque organisme sur les dates exactes de présence. Ces dates figurent sur chaque convention et ne doivent jamais se chevaucher. La durée totale ne doit pas dépasser les cinq jours réglementaires.
Si une structure n’est disponible que deux jours et l’autre trois jours, c’est tout à fait acceptable, à condition que les deux conventions soient signées avant le début du stage. Un stage débuté sans convention validée n’a aucune existence officielle.
L’accord du collège est-il indispensable ?
Absolument. Sans la signature du principal sur chaque convention, le stage n’a aucune valeur officielle. C’est le chef d’établissement qui valide juridiquement le document et engage ainsi la responsabilité du collège. Si un élève part en stage sans convention signée, il n’est ni couvert par l’assurance scolaire, ni reconnu comme stagiaire au sens de la loi. Le premier réflexe reste donc toujours de contacter le professeur principal et d’évoquer le projet avec la direction.
Les pratiques peuvent varier d’un établissement à l’autre, certains collèges étant plus souples que d’autres sur ce type d’organisation. Cette différence s’explique en partie par le projet pédagogique de chaque structure, un élément qui entre d’ailleurs en jeu dans les critères pour choisir son collège lorsque les familles comparent plusieurs établissements.
Dans quels types de structures peut-on faire son stage ?
Le stage de 3e peut s’effectuer dans une grande variété d’organisations :
- Les entreprises privées de tout secteur, qu’il s’agisse d’une PME, d’un artisan, d’un auto-entrepreneur ou d’un grand groupe
- Les associations, les collectivités territoriales (mairies, communautés de communes), les administrations publiques et les établissements publics
- Les établissements de santé publics, les laboratoires ou les cabinets médicaux, selon les accords passés localement
Rien n’empêche de combiner deux catégories différentes, par exemple une entreprise privée et une collectivité territoriale, tant que chaque structure respecte les conditions d’accueil prévues pour les mineurs. Certaines familles choisissent volontairement un organisme public pour la première partie du stage, plus simple à obtenir, puis consacrent la seconde partie à une structure privée correspondant davantage au projet professionnel de l’élève.
Les élèves de moins de 14 ans ont-ils les mêmes droits ?
Non, pas tout à fait. Les collégiens de troisième ayant moins de 14 ans sont soumis à une restriction réglementaire précise, prévue par l’article D.332-14 du code de l’éducation. Ils ne peuvent effectuer leur stage que dans les administrations, les établissements publics administratifs et les collectivités territoriales, ainsi que, par exception, dans une entreprise familiale tenue par un parent ou un tuteur légal.
Les structures privées classiques leur restent donc inaccessibles. Cette règle, héritée du code du travail relatif à l’emploi des mineurs, s’applique à chacune des deux entreprises si l’élève choisit de diviser son stage, les deux structures devant respecter la même limite d’âge.
Y a-t-il des avantages à choisir deux entreprises plutôt qu’une ?
Oui, et ils sont concrets :
- Découvrir deux secteurs d’activité différents, ce qui aide à affiner son projet d’orientation après la 3e avant l’entrée au lycée
- Disposer de plus de matière pour rédiger le rapport de stage, en comparant deux expériences distinctes
- Compenser l’absence d’une structure correspondant exactement au domaine visé en combinant deux organismes complémentaires
Que faire du rapport de stage si on a fait deux entreprises ?
Le rapport de stage reste un document unique, même si l’élève a évolué dans deux structures différentes. Il peut être structuré en deux parties distinctes, chacune consacrée à une entreprise. L’élève peut aussi choisir de comparer les deux expériences de façon thématique, en traitant par exemple l’organisation interne, l’ambiance de travail ou les métiers observés dans chaque structure. Dans tous les cas, le document doit mentionner les deux organismes, leurs activités respectives et ce qui a été observé dans chacun d’eux.
Ce travail compte souvent dans la préparation de l’oral du brevet, un enjeu à anticiper dès la rentrée pour rester serein à l’approche du brevet blanc 2027. Le professeur principal reste la meilleure ressource pour connaître la forme exacte attendue par l’établissement.
Questions fréquentes

Je me demande si je peux choisir des entreprises situées dans deux villes différentes.
Oui, rien ne l’interdit tant que les deux conventions sont signées et que l’organisation reste compatible avec les horaires familiaux. Il faut simplement prévoir les trajets et s’assurer que chaque structure accepte les dates fixées.
Je ne sais pas si je dois prévenir les deux entreprises de mon organisation.
Il est recommandé d’informer clairement chaque structure d’accueil des dates exactes de présence, pour éviter toute confusion. Chacune doit connaître la durée précise de sa partie du stage avant de signer sa convention.
Je m’interroge sur ce qui se passe si une des deux entreprises annule au dernier moment.
En cas d’annulation, il faut rapidement en informer le collège, qui pourra aider à chercher une solution de remplacement. La convention concernée devient alors caduque et une nouvelle structure doit être trouvée avant le début de la période prévue.
Je voudrais savoir si le stage dans deux entreprises est noté différemment.
Non, l’évaluation suit les mêmes critères qu’un stage classique. Le rapport, le comportement observé et l’investissement de l’élève sont appréciés selon les modalités habituelles définies par le collège.
Je me demande si je peux faire une seule convention couvrant les deux structures pour gagner du temps.
Non, ce n’est pas possible. Chaque structure d’accueil doit disposer de sa propre convention, signée séparément par le principal, la famille et le responsable de l’organisme concerné. Une convention unique mentionnant deux adresses différentes n’est pas valable administrativement.
Sources
- Code de l’éducation, article D.332-14 (Légifrance) – https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000018379371
- Eduscol, ministère de l’Éducation nationale – La découverte des métiers et les séquences d’observation en milieu professionnel – https://eduscol.education.gouv.fr/
- Assemblée nationale – Réponse ministérielle sur la restriction d’âge pour les stages d’observation de 3e – https://questions.assemblee-nationale.fr/
- Institut des hautes études de l’éducation et de la formation (IH2EF), ministère de l’Éducation nationale – https://www.ih2ef.gouv.fr/
