Orientation scolaire

Peut-on faire son stage de 3e chez un auto-entrepreneur ?

06 Nov 2026
Discussion autour d’une convention de stage

Votre cousin, votre voisine ou un ami de la famille est auto-entrepreneur et propose de vous accueillir en stage. Super idée, sur le papier.

Mais est-ce vraiment possible légalement ? La réponse va vous rassurer.

Officiellement, le stage de 3e s’appelle la séquence d’observation en milieu professionnel. Elle dure cinq jours, consécutifs ou non, et se déroule pendant le temps scolaire. Les règles sont plus simples que ce que beaucoup de familles imaginent.

Un auto-entrepreneur, c’est quoi exactement ?

Un auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur) est une personne qui exerce une activité professionnelle sous un régime simplifié de l’entreprise individuelle.

Ce régime est entré en vigueur le 1er janvier 2009. Il porte aujourd’hui officiellement le nom de micro-entrepreneur, mais l’ancien terme reste très courant. On le retrouve dans des secteurs variés : artisanat, photographie, informatique, conseil, coaching, artisanat d’art, et bien d’autres.

L’auto-entrepreneur travaille souvent seul, parfois depuis chez lui, mais peut aussi avoir des locaux. C’est une vraie entreprise, avec un numéro SIRET officiel, des revenus déclarés et des obligations légales.

Un auto-entrepreneur peut-il accueillir un stagiaire de 3e ?

Oui, tout à fait. Rien dans la réglementation n’interdit à un micro-entrepreneur d’accueillir un élève de troisième en séquence d’observation.

La seule condition incontournable est de signer une convention de stage avec le collège. Il n’est pas nécessaire d’avoir des salariés ni de disposer de locaux professionnels particuliers.

L’organisation du stage est décidée d’un commun accord entre le responsable de l’accueil et le chef d’établissement. Les familles sont d’ailleurs invitées à s’impliquer activement dans la recherche du lieu de stage.

Quelles conditions l’auto-entrepreneur doit-il remplir ?

Plusieurs engagements s’imposent à l’auto-entrepreneur dès qu’il accepte un élève.

  • Signer la convention de stage avec le chef d’établissement
  • Désigner un tuteur de stage, c’est-à-dire la personne qui encadre l’élève au quotidien
  • Garantir sa propre responsabilité civile, car il doit prendre les dispositions nécessaires lorsque celle-ci peut être engagée
  • Évaluer les risques professionnels auxquels l’élève pourrait être exposé et fournir les équipements de protection utiles
  • Prévenir le collège sans délai en cas d’accident, puis envoyer la déclaration le jour même
  • Dégager du temps pour accompagner l’élève durant la semaine

La convention de stage est-elle vraiment obligatoire ?

Oui, elle est indispensable. Sans convention, le stage n’a aucune valeur officielle et le collège ne peut pas autoriser la sortie de l’élève. Ce cadre repose sur le Code de l’éducation (D331-1 à D331-9) et sur le Code du travail (L4153-1).

L’élève reste sous statut scolaire pendant toute la durée du stage. Il demeure placé sous l’autorité et la responsabilité du chef d’établissement.

Les informations obligatoires dans la convention

La convention doit mentionner les dates de début et de fin de la séquence, les horaires journaliers de l’élève, les objectifs et les activités prévues, ainsi que le nom du référent désigné par le collège.

Elle précise aussi le nom du tuteur de stage, qui est souvent l’auto-entrepreneur lui-même. Une annexe financière règle enfin les questions de repas, de transport et d’assurance.

Qui fournit la convention de stage ?

C’est toujours le collège qui fournit la convention, pas l’entreprise. Le professeur principal ou la vie scolaire la remet en général aux élèves de 3e quelques semaines avant le stage.

L’auto-entrepreneur la complète avec ses informations (nom, adresse, activité, numéro SIRET) et la signe. La famille la signe à son tour, puis la retourne au collège pour la signature finale du chef d’établissement.

Pensez aussi à votre calendrier : le stage prend place pendant une année chargée, avec notamment le brevet blanc 2027, dont les dates et les conseils de préparation méritent d’être regardés en même temps que celles du stage.

L’élève doit-il être payé pendant ce stage ?

Non, aucune rémunération n’est autorisée ni attendue. La convention est claire sur ce point : l’élève ne peut prétendre à aucune rémunération ou gratification de la part de l’entreprise d’accueil.

La gratification obligatoire après deux mois de présence concerne les stages en entreprise de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle. Elle ne s’applique pas à un stage d’observation de 5 jours.

Les frais de repas restent à la charge de la famille, sauf si l’auto-entrepreneur décide d’en prendre une partie en charge. Un geste, comme un déjeuner offert, reste donc possible, mais il n’est pas exigé.

Combien d’élèves peut-il accueillir en même temps ?

La convention type du ministère ne fixe pas de plafond chiffré pour la séquence d’observation. L’organisation est définie avec le collège, selon la capacité réelle d’encadrement.

En pratique, la grande majorité des auto-entrepreneurs n’accueillent qu’un seul élève à la fois. C’est d’ailleurs la meilleure façon d’offrir un vrai suivi et une vraie découverte du métier.

Quels horaires et quelles règles de sécurité faut-il respecter ?

L’élève mineur reste soumis à des limites strictes, que la convention rappelle.

  • 7 heures par jour et 35 heures par semaine au maximum
  • Une pause de 30 minutes dès que la présence atteint 4 h 30
  • Une présence jamais avant 6 h ni après 20 h
  • Un repos quotidien d’au moins 14 heures consécutives

L’élève n’a pas à travailler pour l’entreprise. Il observe, pose des questions, mène de petites enquêtes et peut participer à des démonstrations sous contrôle.

Il n’a surtout pas le droit d’utiliser les machines, appareils ou produits interdits aux mineurs par le Code du travail (D4153-15 à D4153-37).

Y a-t-il des situations où c’est impossible ?

Quelques cas particuliers méritent d’être signalés.

  • Si l’auto-entrepreneur exerce une activité à risques (manipulation de produits dangereux, machines interdites aux mineurs), il ne pourra proposer qu’une simple observation, ou devra renoncer
  • Si l’activité se déroule surtout à l’extérieur ou en déplacement, il faut vérifier que l’encadrement et les trajets restent compatibles avec la convention
  • Si le collège refuse la convention, le stage ne peut pas avoir lieu, d’où l’intérêt d’échanger tôt avec le professeur principal

Le critère décisif reste la sécurité de l’élève, pas le statut juridique de l’entreprise.

Et si l’auto-entrepreneur travaille depuis chez lui ?

C’est une situation fréquente. Beaucoup de micro-entrepreneurs exercent depuis leur domicile, sans bureau distinct.

Légalement, rien ne s’y oppose, à condition que l’élève soit accueilli dans un cadre professionnel correct et encadré. Il faut simplement s’assurer que l’environnement est adapté à la présence d’un mineur et que l’assurance scolaire couvre bien le stage.

Un échange préalable avec le professeur principal permet de lever tout doute.

Type d’activité de l’auto-entrepreneurStage de 3e possible ?Conditions particulières
Artisan (coiffeur, menuisier, photographe…)OuiConvention obligatoire, machines interdites aux mineurs exclues
Prestataire de services (conseil, informatique…)OuiPeut se faire au domicile professionnel
Profession libérale réglementée (santé, droit…)Selon l’activitéVérifier la confidentialité et les règles du secteur
Activité impliquant des produits dangereuxÀ vérifierSécurité du mineur à garantir

Comment bien préparer ce stage ?

Une bonne préparation fait toute la différence. Avant le premier jour, rencontrez ou appelez votre tuteur pour convenir des horaires, du lieu exact et de la tenue adaptée.

Préparez ensuite quelques questions sur le métier : parcours, journée type, avantages et difficultés. Prendre des notes chaque soir facilite beaucoup la rédaction du rapport de stage demandé ensuite par le collège.

La séquence d’observation est en effet précédée d’un temps de préparation et suivie d’un temps de restitution. C’est à ce moment que l’élève valorise ce qu’il a appris, à l’écrit ou à l’oral.

FAQ : vos questions sur le stage de 3e chez un auto-entrepreneur

Je n’ai trouvé personne, où puis-je chercher un stage ?

Vous pouvez consulter la plateforme nationale 1élève1stage, qui regroupe des offres ouvertes aux élèves. Interrogez aussi votre entourage et les commerçants de votre quartier, en vous y prenant tôt.

Mon auto-entrepreneur doit-il souscrire une assurance spéciale ?

Pas d’assurance dédiée au stage, mais il doit garantir sa responsabilité civile lorsqu’elle peut être engagée. De votre côté, une assurance scolaire couvrant les dommages causés et subis est vivement recommandée.

Puis-je faire mon stage en plusieurs fois ?

Oui. Les cinq jours peuvent être consécutifs ou non. Le collège vous indiquera les dates retenues pour votre classe.

Mon stage chez un auto-entrepreneur compte-t-il pour mon orientation ?

Il vous aide surtout à découvrir un métier et à confirmer ou écarter une piste. Cette découverte nourrit votre réflexion sur l’orientation après la 3e, notamment avant la saisie des vœux sur le service d’orientation en 3e via EduConnect.

Que se passe-t-il si je me blesse ou si je me sens mal à l’aise pendant le stage ?

L’auto-entrepreneur doit prévenir le collège sans délai en cas d’accident. Si vous rencontrez une difficulté, vous pouvez vous adresser à votre tuteur, à une personne référente ou au personnel du collège.

Sources 

  1. Ministère de l’Éducation nationale, Circulaire du 21 novembre 2025 relative aux séquences d’observation, visites d’information et stages pour les élèves de collège et de lycée général et technologique (BO n° 47 du 11 décembre 2025) : https://www.education.gouv.fr/bo/2025/Hebdo47/MENE2517062C 
  2. Éduscol, Convention relative à l’organisation de la séquence d’observation en milieu professionnel pour les élèves de collège et de seconde générale et technologique : https://eduscol.education.fr/document/68929/download